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Le ton de la solidarité, entre pudeur et slogan

Groupe de personnes réunies en extérieur pour une action collective

Une affiche d’hiver, une silhouette, un chiffre de « bénéficiaires ». Le schéma circule d’une association à l’autre parce qu’il rassure les financeurs. Il dit peu de la vie réelle d’un accueil de jour ou d’une épicerie sociale.

Les équipes de terrain demandent souvent qu’on arrête les photos de mains tendues. Elles préfèrent une scène précise : l’heure d’ouverture, le nom du lieu, ce qui manque cette semaine (sacs isotherme, tickets de bus). Ce niveau de détail fait une moins « belle » campagne au sens des agences. Il se lit jusqu’au bout.

Le mot « bénéficiaire » lui-même pose problème dans plusieurs conseils d’administration que nous fréquentons. Certaines structures parlent d’adhérents, d’accueillis, de voisins. Ce n’est pas du vocabulaire à la mode : c’est un choix de place. Une revue de l’actualité associative devrait noter ces glissements, pas seulement les gros appels nationaux.

Quand une fédération lance un slogan unique pour toute la France, les antennes locales recollent parfois un paragraphe « à Lyon, à Meyzieu, chez nous ». Ce paragraphe sauve ou perd la campagne. S’il recopie le national, autant ne pas l’écrire.

Notre travail de lecture consiste à comparer, sur un même thème, trois campagnes sorties la même semaine : ce qu’elles montrent, ce qu’elles taisent, et à qui elles parlent vraiment.

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